Construction de bankroll en sng short-handed

avec un commentaire

Introduction.

Quelques définitions avant de commencer.

La « bankroll ».

Le « bankroll building ».

Le ROI

Le sit’n'go.

Les pré-requis.

Savoir jouer au poker.

Avoir une idée, même approximative de votre ROI en sng monotable.

Savoir se détacher mentalement de la valeur de l’argent.

Avoir du temps.

Choisir son environnement

Le type de poker

Le format de la table et la structure du prizepool

La richesse des niveaux de buy-in.

Choisir une bonne structure des blinds.

Avoir un niveau minimum en head’s up.

La méthode.

La sélection du tournoi

Les sng short-handed.

La prise de notes sur les joueurs.

Les sites de statistique du type Sharkscope.

Le choix du buy-in.

Les facteurs accélérant

Le multitabling.

Les tournois à structure turbo.

Les conseils.

Ce qu’il faut faire.

Analyser même brièvement chaque tournoi

Détecter la mauvaise série.

Surfer sur le rush.

Ce qu’il ne faut pas faire.

Ne pas redescendre de limite.

Dépenser une BR en cours de constitution.

Quelques conseils de jeu en NLHE short-handed.

Introduction

Je vais tenter dans cet article de vous expliquer la méthode qui m’a permit à de nombreuses reprises de « monter » une bankroll à partir d’une mise initiale faible. Ceci n’est en aucun cas un cours de poker, c’est plutôt l’exposé d’une stratégie et d’une méthodologie de jeu et de gestion de bankroll. Bien sûr, ce n’est pas LA technique miracle qui permettra à n’importe quel débutant de faire fortune sur le net (autant vous le dire tout de suite, cette technique n’existe pas) mais si les pré-requis sont respectés et si le projet est pris avec sérieux, il n’y a pas de raison que cela n’ai pas le même succès pour vous que pour moi.

Cet exposé est truffé d’anglicismes liés au monde du poker (il y a un seul mot français dans le titre !), je m’en excuse à l’avance mais je n’ai pas le talent d’un Michel Abecassis ou d’un François Montmirel pour parler du poker en bon français (ceci est très surement du à un déficit personnel de poker « live » par rapport au jeu sur le net).

Quelques définitions avant de commencer.

La « bankroll »

La bankroll c’est une somme d’argent que vous consacrez uniquement au poker. Elle permet de jouer de façon plus « saine » sans puiser inconsidérément dans votre budget familial ou vos économies. Si vous êtes fortuné et que vous considérez le poker comme un loisir pur qui peut légitimement vous couter de l’argent (comme la très grande majorité des loisirs) alors votre bankroll est directement issue de vos revenus personnels et lorsqu’elle est épuisée, vous la complétez de nouveau pour pouvoir continuer à pratiquer votre loisir. C’est un mode de fonctionnement respectable et qui peut être très sensé si on reste dans le domaine du loisir et donc dans un budget correspondant à un loisir. Si vous êtes dans ce cas et que vous êtes satisfait de l’être, cet article n’est pas pour vous. Pour tous les autres, on à très vite envie de faire du « bankroll building ».

Le « bankroll building »

Dans sa définition initiale une bankroll est un fond de roulement qui permet au joueur de poker de jouer à une certaine limite et de pouvoir absorber des variations négatives (swing) sans se retrouver sur la paille (broke). Si on prend l’exemple d’un joueur de poker professionnel de sit’n'go (ça existe !), on peut imaginer une bankroll de 300000€, ce dernier mise (dans le sens engage dans le jeu en terme de buy-in) 100000€ par mois et grâce à un ROI (return on investment : cf plus loin) positif de, par exemple 8%, ce dernier retire un gain net de 8000€ par mois. Ce gain est extrait de la bankroll (cash-out) et lui permet de vivre. Dans cet exemple, on voit bien que l’objectif n’est pas d’augmenter la taille de la bankroll mais bien de la faire fructifier régulièrement. Pourquoi 300000€ ? Uniquement pour pouvoir absorber plusieurs mois consécutifs avec un ROI négatif sans avoir d’incidence sur le niveau de vie. Ce type de gestion de bankroll demande une grande rigueur et globalement vous entendrez souvent parler de rapport 1 pour 100 entre le niveau des tables ou il faut jouer et le niveau de la bankroll. C’est conservateur mais c’est parfaitement justifié dans ce type de gestion. Le « bankroll building » c’est autre chose : c’est le processus qui permet de constituer ce fond de roulement. L’objectif de ce processus est de monter dans un temps raisonnable une mise initiale x vers un objectif de bankroll y, ceci implique donc qu’il n’y a pas de cash-out. Le seul but est d’augmenter la bankroll et c’est l’un des pièges de ce système : il faut savoir quand s’arrêter. Une fois la bankroll constituée il faut rentrer dans le mode décrit plus haut qui permet de faire fructifier cette bankroll et surtout de faire des cash-out réguliers. Mais au fond quelle est la différence ? Dans les deux cas, l’objectif est d’être gagnant au poker pour gagner de l’argent, non ? C’est vrai, mais le bankroll building est beaucoup plus violent et plus risqué que la gestion d’une bankroll constituée et les techniques de bankroll building ne peuvent raisonnablement pas être appliquées pour obtenir l’effet régulier décrit dans l’exemple du joueur professionnel.

Néanmoins, je ne suis pas un joueur professionnel (et si vous me lisez, vous non plus), je n’ai pas et je n’aurai jamais une bankroll de 300000€ et même si je considère le poker uniquement comme un loisir, j’aime gagner et j’aime le processus violent de bankroll building. Aussi je cash-out régulièrement 90% de ma bankroll et je recommence l’aventure !

Mais alors combien on gagne ? Des résultats réalistes (et réalisable !) implique un facteur de gain entre 10 et 20. Typiquement, transformer une mise initiale de 20$ en 200$, ou 200$ en 3000$ ou 4000$ sont des objectifs atteignables en un temps raisonnable (quelques mois typiquement).

Le ROI

C’est le return on investment ou en français le retour sur investissement. C’est exactement la même chose que le taux de gain espéré pour un placement financier. Si votre ROI est de 5%, cela signifie que votre gain moyen pour 100$ misés et de 105$ soit un gain net de 5$. Un ROI n’a un sens que s’il est vérifié sur un grand nombre de tournoi.

Le sit’n'go

Abréviation de « sit and go ». Qui signifie « on s’assoie et on démarre ». C’est une forme de tournoi qui n’est pas prévu à une heure fixe. La ou les tables se remplissent et dès que le tournoi est complet il commence. La grande majorité des sit’n'go (ou sng) sont monotables (9 ou 10 joueurs) mais il existe des sng multitables ou au contraire short-handed (5 ou 6 joueurs). Les extrêmes sont le head’s up (2 joueurs) et les sng 20 tables 180 joueurs de Pokerstars (il faut un site avec une très grande affluence pour rendre les sngs 20 tables utilisables). Les sng existent aussi avec différentes structure d’augmentation de blinds : mode normal, mode turbo ou même super turbo sur certains sites.

Voilà, maintenant que nous savons tous de quoi on parle on peut attaquer la suite. Avant de se lancer il y a des pré-requis à respecter si on veut avoir une chance de réussir.

Les pré-requis.

Savoir jouer au poker.

Cela parait évident, mais c’est la base la plus nécessaire ! Ceci n’est pas un cours de poker et je ne vais donc pas vous expliquer de combien il faut relancer avec tel ou tel jeu dans telle ou telle position. Avant de se lancer dans un processus de bankroll building il faut savoir jouer correctement au poker et cela s’apprend. Mon premier conseil : lire, beaucoup et régulièrement. Mon deuxième conseil : relire, encore et encore. Mon troisième conseil : jouer, beaucoup aussi. C’est en pratiquant et en expérimentant que l’on progresse.

Il existe de très bons bouquins sur le poker. Les meilleurs restent à mon avis des livres en anglais. Même si vous n’êtes pas des as dans la langue de Shakespeare ils sont souvent assez compréhensibles même par des francophones, le vocabulaire du poker est somme toute assez limité. Si comme 95% des joueurs vous choisissez le Holdem no-limit pour vous lancer alors il existe un incontournable : les 3 tomes de Dan Harrington (« Harrington on Holdem ») et plus particulièrement le tome 2 qui traite des tables short-handed et de la stratégie de base en head’s up.

Avoir une idée, même approximative de votre ROI en sng monotable.

Si vous jouez online depuis longtemps, rien de plus simple : vous allez faire un tour sur un site tel que Sharkscope (www.sharkscope.com) et vous tapez votre nickname dans la case de recherche. Le site vous donnera des statistiques détaillées sur vos parties passées (dont votre ROI).

Si votre ROI est supérieur à 10% avec un échantillon de plus de 100 tournois, c’est tout bon, vous pouvez passer à la suite en confiance. Si votre ROI est positif mais inférieur à 10%, c’est jouable aussi mais il va falloir être concentré et ne pas prendre les options accélératrice dont je vais parler plus bas. Si votre ROI est négatif, retour au pré-requis numéro 1, il vous faut nécessairement progresser avant d’attaquer le bankroll building.

Si vous n’avez pas encore de statistiques sur votre jeu il est possible de le faire soi-même en notant scrupuleusement ses résultats (ou en utilisant sharkscope si votre site est géré par ce dernier). Inutile de faire des sng avec un buy-in élevé, il faut mieux privilégier la quantité. Par exemple : faire 100 sng short-handed 6 joueurs à 5.5$ et noter les résultats. Si au final vous êtes négatif à -10%, l’expérience vous aura coutée 55$ mais vous aurez l’information qu’il vous faut (retour case départ : les bouquins !).

Savoir se détacher mentalement de la valeur de l’argent.

Le bankroll building implique une montée progressive des buy-in et il faut être à l’aise avec cela. Si vous pensez à chaque instant que la somme en jeu représente trop par rapport à votre « confort mental » alors vous ne pouvez pas jouer de façon optimum. Le truc c’est de considérer uniquement la mise de départ. Exemple : vous décider de commencer un bankroll building avec 100$, il faut vous mettre dans la tête que cet argent est perdu, cela doit être considéré comme un investissement qu’il est possible de perdre entièrement. Si vous n’arrivez pas à faire cela alors partez de plus bas (50$ ou même 20$) mais il faut pouvoir les perdre intégralement sans que cela n’ai d’impact sur votre vie de tous les jours. Ensuite vous allez entamer le processus et si cela se passe bien, votre bankroll va monter progressivement et les buy-in des tournois aussi. Imaginez que votre bankroll soit maintenant arrivée à 1500$ (en partant des 100$) vous allez jouer dans des sng au buy-in beaucoup plus important. Il faut arriver à continuer à penser à l’investissement initial plutôt que la valeur actuelle. En gros, si vous perdez les 1500$, vous avez perdu votre investissement initial de 100$ le reste c’était du « free money ». C’est dur hein ?. Je sais, c’est dur… mais c’est nécessaire, il faut arriver à jouer un sng à 120$+9$ avec l’esprit aussi détendu qu’un 5$+.5$ .

Bon je vous rassure, c’est n’est QUE de la théorie. En pratique tout le monde a une limite de confort (TOUT le monde). C’est justement quand on atteint cette limite qu’il faut détecter le moment de l’arrêt : c’est le point optimum.

Avoir du temps

Tous les joueurs de poker online le savent. Jouer online prend du temps et cela peut empiéter sur la vie familiale. Il faut donc être vigilant et savoir aménager des plages de jeux et ne pas déborder. C’est une des raisons qui m’a fait choisir le short-handed, un tournoi dure entre 30 et 50 minutes et il est possible de décider à priori de jouer une durée donnée à plus ou moins 15 minutes près. Néanmoins si vous avez 2 heures par semaine à consacrer au poker, il est à mon avis inutile de rentrer dans une démarche de constitution de bankroll. A l’inverse, j’ai toujours du mal à comprendre comment certains peuvent faire un nombre impressionnant de tournois massivement multi-tables et garder une vie de couple ou de famille normale (ces tournois peuvent durer entre 6 et 10 heures !).

Choisir son environnement

L’objectif est de se concentrer sur un type de poker et de devenir très pointu et le plus performant possible sur ce dernier. Il vous faut donc faire des choix et s’y tenir.

Le type de poker

La réponse à cette question sera très certainement le Holdem no-limit. Pas parce que les autres type de jeu ne sont pas jouables (bien au contraire) mais plutôt parce que le Holdem NL est devenu le poker des débutants et aussi la variante la plus populaire. Ceci assure une fourniture abondante de joueurs non expérimentés et c’est très utile pour faire du bankroll building.

Le format de la table et la structure du prizepool

Je ne traite ici que des sngs short-handed et je n’aborde pas les Head’s up. Il existe différents type de format :

  • 6 joueurs et 2 places payées : la plus intéressante à mon avis. Le deuxième touche approximativement 2 fois le buy-in et le premier gagne quatre fois la mise de départ. On trouve ce type de sng sur pas mal de site et en particulier sur Pokerstars.
  • 6 joueurs et 3 places payées : beaucoup moins intéressants. Les gains sont répartis sur trois joueurs et le troisième se voit rembourser son buy-in (voire même un peu moins sur certain site). Cette troisième place est à mon sens parfaitement inutile dans le cadre d’un bankroll building : personne ne joue pour « rentrer » dans ses frais. Ce type de sng se retrouve sur des sites comme Poker770, Atlas ou encore Pacific.
  • 5 joueurs et 2 places payés : pas mal mais assez rare. On les trouve sur Pacific par exemple.
  • 3 joueurs et 1 payé : je ne les ai pas encore testés mais cela doit être intéressant. Possible sur Pacific.
  • 5 ou 6 joueurs et 1 payé : je pense que cela doit être optimum mais je n’ai pas trouvé de site proposant ce type de tournoi.

La richesse des niveaux de buy-in

Un autre critère important dans le choix du site est la présence du même type de sng à de nombreux niveaux de buy-in. Un exemple : Pokerstars pour ces sng 6 joueurs propose les niveaux suivant (hors rake) : 3$, 6$, 12$, 25$, 35$, 70$, 120$, 305$. C’est un panel intéressant pour faire du bankroll building.

Choisir une bonne structure des blinds

Pour commencer je conseille vivement de chercher la structure la plus lente que vous pouvez trouver. Cela ne veut pas dire que les structures turbo ne sont pas intéressantes, c’est même un facteur accélérant (cf. plus loin) mais l’idée et de jouer contre des joueurs plus faibles et moins expérimentés et donc il faut minimiser le facteur chance. Une structure plus lente permet de développer un jeu plus complet et plus subtil et c’est donc le choix de prédilection pour commencer. Typiquement une structure lente vous permettra de vous « remettre » d’un début de tournoi difficile. Le choix du site doit être fait en fonction des structures proposées. Encore une fois Pokerstars (je n’ai pas d’actions !) propose une des structures les plus lentes en short-handed.

Avoir un niveau minimum en head’s up

Le jeu en tête à tête est très important en sng short-handed. Votre ROI va se constituer à ce moment là ! En fait, il est très important de faire plus de premières places que de secondes. Le jeu en head’s up est un jeu très particulier où peu de monde est à l’aise, il suffit souvent d’avoir les bases de stratégie pour être au dessus du lot. Je vous conseille donc la fin du tome 2 des « Harrington on hold’em » qui décrit de façon simple mais assez complète le jeu en head’s up. Ensuite, vous pouvez faire quelques séries de HU online histoire de vous entrainer sur des petits montants. Un fois que votre ROI, positif à 6 joueurs, l’est aussi en HU, le reste devrait rouler sans problème.

Si vous remplissez l’ensemble de ces pré-requis alors on continue avec l’exposé de la méthode.

La méthode.

La méthode est très simple, elle repose sur 2 principes : la sélection du tournoi et l’augmentation progressive des buy-in.

Avant de rentrer dans les détails il faut tordre le cou à un conseil que l’on entend souvent prodigué : « Si tu perds aux petites limites, passe à une limite plus forte et tu joueras avec de meilleurs joueurs qui respecteront tes relances ». Alors ça c’est une des plus belles bêtises que j’ai entendu. Si vous êtes perdant de façon constante à une limite, il n’y a aucune chance pour que vous soyez gagnant (sur le long terme) à une limite supérieure ! Ce qui est vrai par contre, c’est qu’un joueur habitué à une limite haute particulière peut avoir du mal à se réadapter à une petite limite : c’est une question de motivation et d’accoutumance. Mais je ne connais aucun bon joueur de haute limite qui ne batte pas les petites limites s’il a vraiment envie de le faire.

L’inverse est faux aussi : « Tu es très bon à cette limite mais si jamais tu passes à la limite supérieure tu vas perdre lamentablement ».

Mon expérience est qu’un bon joueur de poker peut être gagnant à toutes les limites s’il arrive réellement à faire abstraction de la valeur de l’argent. Typiquement un joueur avec un ROI à 15% aux petites limites passera peut-être à 12% aux limites moyennes et 8% aux limites hautes mais il restera gagnant.

La sélection du tournoi

C’est une partie très importante qu’il ne faut surtout pas négliger. Si vous êtes gagnant au poker, c’est que d’autres sont perdants. Il n’y a pas de miracle, c’est la loi des vases communicants. L’objectif est de maximiser ses chances d’être dans le groupe des gagnants. Si votre ROI est positif, c’est déjà le cas mais il faut néanmoins pratiquer la sélectivité pour gagner encore quelques % de ROI. La technique consiste donc à participer aux sng les plus faciles à gagner possible. Plusieurs aspects permettent cela.

Les sng short-handed

Le choix de ce type de tournoi n’est pas innocent. Une bonne quantité de joueurs participent à ce type de tournoi uniquement pour avoir une légitimité à jouer n’importe comment. Il est vrai que sur une table short-handed il faut jouer plus de mains que sur une table pleine (cf les bouquins d’Harrington), mais ce genre de joueurs appliquent le principe à l’extrême : ils jouent déjà une main sur deux en table pleine et donc trois mains sur quatre en short handed. C’est ce type de joueurs qu’il faut essayer d’avoir à sa table.

La prise de notes sur les joueurs

La grande majorité des rooms permettent de prendre des notes sur les joueurs directement dans l’interface graphique. Je conseille vivement d’utiliser cette fonctionnalité. Après quelques centaines de sng du même type, vous allez vous rendre compte que vous rencontrez souvent les mêmes joueurs. Il vous est ainsi possible de catégoriser les différents joueurs. C’est très efficace quand c’est bien fait mais il faut reconnaitre que ce n’est pas toujours évident à mettre en œuvre. Il reste une grosse part de subjectivité dans les jugements que l’on peut porter sur quelques mains de poker. Il existe maintenant une solution simple et parfaite ment objective :

Les sites de statistique du type Sharkscope.

Attention, là non plus je n’ai pas d’actions dans la société, mais bon, à ma connaissance ils sont les seuls à proposer ce type de statistiques très complètes uniquement sur les sng.

Le site permet de tester gratuitement les fonctionnalités avec un quota de 5 recherches par jour. Un abonnement à 15$ par mois permet de passer à 155 requêtes jour. J’utilise sharkscope depuis plusieurs mois et dans mon cas, il m’a permis de gagner 4% de ROI (3,8% exactement). Je vous laisse faire le calcul, mais les 15$ sont très (très très) vite amortis. De plus, si vous faites du short-handed, l’abonnement peut aisément être partagé : à 3 joueurs sur le même compte, cela fonctionne très bien ! Le coût passe donc à 5$ par mois et à ce niveau, il ne faut pas trop hésiter.

Une des fonctionnalité les plus pratique de sharkscope, c’est justement la sélection de tournoi : vous remplissez un formulaire dans lequel vous précisez le type de tournoi que vous recherchez (NL Holdem 6 joueurs, buy-in entre 20$ et 50$ par exemple) et le site vous propose en temps réel les tables en train de se constituer sur différents site avec en face de chaque nom de joueurs le ROI et une petite icône (type requin ou poisson) qui permet de se faire une idée très rapide du niveau d’un tournoi. Une fois le tournoi presque rempli, vous avez une bonne idée du niveau général et vous pouvez décider si oui ou non il y a un intérêt à vous inscrire. Ce type d’outil permet aussi d’éviter les mauvaises rencontres : j’ai découverts quelques requins redoutables qui chassent uniquement sur ce type de tables (ROI > 20%, uniquement sng 6 joueurs, gains de plusieurs dizaines de milliers de $). Il faut savoir qu’il y a beaucoup de chance pour que ce type de joueurs utilise le même outil que vous ! Un truc gratifiant qui peut vous arriver avec le temps (et surtout un bon ROI sous Sharkscope !) est de vous assoir à la table d’un tournoi en formation et de voir un de ces requins quitter la table immédiatement : vous avez fait monter le niveau de la table, le requin est parti chercher des eaux plus poissonneuses…

Le choix du buy-in

Alors maintenant il faut définir un concept très important dans cette méthode : le rapport de progression minimum entre le niveau de la BR (bankroll) et le buy-in d’un tournoi. Comme j’ai les chevilles qui gonflent et que j’aime bien Harrington je vais l’appeler le facteur F (comme facteur, pas comme François J ).

Ce facteur F va vous permettre de déterminer à quel niveau de buy-in vous pouvez jouer et je dirais même plus à quel niveau vous devez jouer.

Un facteur F bas amène un risque plus grand mais une progression potentielle plus rapide.

Pour un joueur avec un ROI > 10% une valeur entre 5 et 10 est acceptable.

Exemple :

Environnement : Pokerstars, sng short handed 6 joueurs non turbo. F=6. mise de départ 100$.

Les sng existants sont 3+0.25, 6+0.5, 12+1, 23+2, 35+3, 70+6, 112+9, 305+20 (le 3+0.35 est turbo mais il n’existe pas en mode normal).

Les limites de progression avec un F=6 sont donc respectivement de : 19.5, 39, 78, 150, 228, 456, 726 et 1950

Avec une mise initiale de 100 il faut commencer par jouer des sng 6 joueurs à 12+1 (78<100<150).

Maintenant envisageons quelques hypothèses de déroulement :

  • 1ère hypothèse, je perds constamment : Je commence donc par perdre (c’est-à-dire ne pas finir dans les 2 premières positions) les 2 premiers sng à 12+1. Ma bankroll se retrouve à 74$. Je dois maintenant jouer des sngs à 6+0.5. Si je continue à perdre je vais donc faire 6 sngs à 6+0.5 que je vais tous perdre. Ma bankroll se retrouve à 35$, je dois maintenant jouer les sng à 3+0.25 et je vais pouvoir en jouer 10 avant de me retrouver « broke ». Ceci signifie que dans l’hypothèse la plus pessimiste je peux jouer 18 sng avant d’avoir tout perdu. Si maintenant on considère la probabilité que cela arrive, on se rend compte que pour un joueur avec un ROI positif perdre 18 sng short-handed de suite c’est bien sur pas impossible, mais c’est très rare.
  • 2ème hypothèse, je gagne constamment : C’est beaucoup trop irréaliste pour que je fasse la simulation !
  • 3ème hypothèse, je gagne au rythme de mon ROI (10% pour l’exemple) : C’est beaucoup plus réaliste ! On parle maintenant de gain moyen et on considère que les swings négatifs sont amortis par la diminution des buy-in (tel que décrit dans l’hypothèse 1), en fait ces diminutions de buy-in ne font que ralentir le processus mais il ne l’arrête pas et sur le long terme on considère que la moyenne est respectée.

On revient donc à nos sng à 12+1, mon ROI m’indique un gain moyen de 1,3€ (on se rend compte qu’il faut toujours inclure le rake dans le calcul du ROI, sharkscope fait de même).

J’atteins donc le 150$ après en moyenne 39 sngs, je passe aux 23+2$ ou mon gain passe à 2,5$ en moyenne. Et ainsi de suite, le niveau suivant est atteint après en moyenne 32 sng.

Les 1000$ de bankroll sont atteint en moyenne après 39+32+60+36+23=190 tournois. Ceci peut paraitre beaucoup, mais souvenez vous que les sng short-handed sont rapides et un joueur régulier peut sans forcer faire 120 sng par mois (3 par jour). La BR est donc multipliée par 10 en un peu plus d’un mois et demi dans ces conditions.

Le rythme est conditionné par trois facteurs : le ROI, le facteur F, le nombre sng joués par mois. Par exemple si je prends un F à 4 (c’est très agressif, à déconseiller pour les débutants), l’exemple précédent s’applique en 130 sng en moyenne, le problème est qu’avec un F à 4, les chances de tomber à 0 sont augmentées considérablement. Si je reste sur un F à 6 mais que je prends un ROI à 15%, il me faut en moyenne 127 sng pour arriver au même résultat. Il n’est pas étonnant de constater qu’il faut mieux chercher à augmenter sont ROI que baisser inconsidérément la valeur du F.

Les facteurs accélérant

Le multitabling

C’est un gros facteur accélérant, mais il faut une technique de jeu très rodée pour faire cela. En fait, le jeu devient moins fin et beaucoup plus systématique. Néanmoins pour un joueur solide, c’est très rentable. On perd globalement quelques % de ROI mais on gagne sur la quantité. Le nombre de tables que vous pouvez jouer en simultané dépend de votre capacité à gérer plusieurs problématiques de front. Il faut faire des tests pour sentir où se trouve la limite. Attention à l’excès de zèle, votre ROI peut devenir négatif uniquement à cause du multitabling. Un conseil : essayez de décaler les débuts de tournois, ainsi vous maximiserez les chances de ne pas vous retrouver en HU sur deux ou trois tables en même temps (ce qui est très difficile à gérer). Le HU est le moment où il faut faire la différence entre un gain minimum et un gain maximum, il faut mieux mettre le maximum de chances de son coté à ce moment là.

Les tournois à structure turbo

Attention ! Boucherie ! Les tournois short-handed en mode turbo sont très violents et il n’est pas rare d’y voir des coups horribles ou la chance compte énormément. Une fois que vous savez cela et que vous êtes capable de l’accepter sans tilter, alors ces tournois sont aussi très praticables pour du bankroll building. Le ROI en prend un coup sérieux, mais si votre technique de jeu est éprouvée et que votre F n’est pas trop bas, c’est jouable et c’est même rentable (le gain en rendement est significatif).

Les joueurs qui amassent le plus d’argent online avec les sngs short-handed sont souvent des joueurs rompus aux turbo en multi-table. Mais ne vous faites pas d’illusions, il faut une grosse expérience et un jeu très solide pour être rentable dans ces conditions. De plus, on s’éloigne de plus en plus du poker au sens noble du terme : le jeu est très mécanique, il n’y a que très peu de « joli » coups et cela ressemble plus à un « travail » qu’à un loisir.

Les conseils

Ce qu’il faut faire

Analyser même brièvement chaque tournoi

Quelle a été la qualité de mon jeu ? Si vous êtes content de votre jeu et que objectivement votre échec tient à un manque de chance alors cela ne doit en rien vous affecter. Ce tournoi est à oublier au plus vite. Voir un adversaire toucher un improbable out à la rivière et vous sortir par la même occasion du tournoi vous arrivera encore et encore, c’est mathématique et c’est inévitable. Par contre, ce qui vous arrivera aussi assez souvent c’est de vous dire : « Pourquoi avoir fait ce call perdant ? », « Qu’est ce que j’espérais en rentrant dans un pot relancé avec une main de ce type ? », « Pourquoi tenter ce bluff sur une calling-station inbluffable ? », « J’ai gagné, mais combien de fois la chance m’a-t-elle sauvé dans ce tournoi ? ». Ce type de question, c’est très important de se les poser, encore plus si vous avez finalement gagné le tournoi (la chance n’arrive pas qu’aux autres !).

Détecter la mauvaise série

Après la 3ème ou 4ème défaite consécutive dans la même session, posez-vous sérieusement la question des conditions dans lesquelles vous jouez. Peut-être êtes vous fatigué, ou dérangé régulièrement… Si les conditions ne sont pas optimum, la meilleure solution est souvent d’arrêter cette session. Comme dans tout type de placement, une bonne gestion implique de savoir stopper une hémorragie quand on la détecte.

Surfer sur le rush

Mon esprit cartésien a du mal à l’admettre, mais force est de le reconnaitre, le poker est fait de rush et de séries noires. Un rush, c’est le moment ou rien ne vous arrête, tous vos tirages rentrent, la réussite est là et votre ROI explose… C’est rare, mais c’est très agréable ! Je pense qu’au-delà des simples coïncidences, le rush s’entretient grâce à l’état d’esprit qu’il génère : vous avez un moral d’acier, les rares bad beats sont aussitôt oubliés et cet état d’esprit vous fait jouer mieux que d’habitude sans pour cela que vous vous en rendiez compte. Il faut en profiter pour jouer beaucoup car les bonnes choses ont une fin, et la fin des rushs est souvent la même : un excès de confiance fini par fausser votre jeu et quand la réussite s’en va, ça fait mal ! Néanmoins, il faut profiter du rush. J’ai connu des rushs impressionnants où j’ai pu augmenter de limite (en respectant la règle du F) 3 fois en 2 jours.

Ce qu’il ne faut pas faire

Ne pas redescendre de limite

C’est l’erreur numéro un et de loin ! Un seul moyen de contrer cela : la discipline. C’est sincèrement pas évident : vous étiez sur une bonne série, cela faisait un bon moment que vous avanciez bien avec les sng à 25$, au point d’être presque à la limite de tenter le premier 38$, et là, bing ! 5 ou 6 défaites de suite vous amène à une BR qui selon votre F, vous impose de jouer des 13$. C’est toujours le moment où l’on se trouve un tas d’excuses pour ne pas redescendre de limite : « juste un dernier à 25, histoire de me refaire ! », « Et si je changeais mon F maintenant ? »… Ne pas respecter la règle c’est le plus sûr moyen de se retrouver broke en quatrième vitesse. Et cela vous arrivera, c’est sûr ! J’ai fait cette erreur plusieurs fois et j’ai même fait pire : augmenter de limite au moment ou au contraire il fallait descendre ! Histoire de me refaire plus vite ! Autant vous dire que cela ne fonctionne pas L. Quand vous avez connu le doux frisson des tournois à 120$, c’est dur de se motiver pour ceux à 5$ mais c’est le seul moyen de ne pas réinjecter de l’argent dans le processus alors ça vaut le coup d’avoir un peu de discipline.

Dépenser une BR en cours de constitution

C’est classique, je viens de gagner 200$, je peux bien m’offrir un tournoi à 2500 joueurs à 50$. Evidemment, vous êtes libre et vous pouvez faire ce que vous voulez avec votre argent, mais si vous êtes en plein processus de bankroll building, ces 50$ ont une grande chance d’être bien vite perdu. Si vous avez envie de faire autre chose (et c’est bien naturel !) je vous conseille de la faire avec une « autre » bankroll et si possible sur un autre site. Parfois on a l’impression que la BR n’augmente pas avec cette méthode mais cela peut-être dû au fait que de temps à autre on se permet un extra sur un autre type de jeu (un petit cash-game ou un tournoi multi-tables). C’est insidieux, mais cela casse complètement la logique du processus. De plus, j’ai remarqué qu’un joueur bien rodé sur les sngs short-handed avait un style de jeu très peu efficace en tournoi multi-tables (même short-handed). Il faut une grande capacité à changer de style pour arriver à faire cela.

Quelques conseils de jeu en NLHE short-handed.

Cette partie va apporter quelques conseils sur le jeu lui-même. Ce n’est pas la partie la plus importante de cet article, chacun peut avoir un style personnel, le principal est qu’il soit gagnant !

A compléter

Ecrit par Francois

22 août 2008 à 19:10

Posté dans

Un commentaire à 'Construction de bankroll en sng short-handed'

Abonnez-vous aux commentaires avec RSS ou TrackBack de 'Construction de bankroll en sng short-handed'.

  1. Bravo pour cet article Francois !
    Super intéressant…

    Et si je gagne pleins de sous en NLHE short handed… tu auras ta part de responsabilité ;)

    Blaise

    22 août 2008 à 20:24

Saisir un commentaire